Le football est un accélérateur d'émotions. L'Olympique Lyonnais en sait quelque chose. En huit jours, les hommes d'Alain Perrin ont exploré une grande partie de la palette des sentiments humains. Du rire et du regain de confiance, avec une large victoire obtenue à Metz (1-5), à l'amertume teintée d'agacement, dimanche soir face à Lille (1-1), en passant bien évidemment par l'impuissance, mercredi à Barcelone (3-0), Lyon a beaucoup "voyagé". Au terme de ce périple, un constat s'impose : le club rhodanien n'est aujourd'hui pas là où il voudrait être. Et ça se sent.
Auteurs d'une prestation moyenne, les Lyonnais n'ont pu se débarrasser d'une solide équipe lilloise, dimanche. Après la rencontre, Alain Perrin se montrait évidemment déçu d'avoir laissé filer deux points à Gerland : "Compte tenu de l'investissement des joueurs et des occasions, ne pas gagner est une frustration et une déception. Nous prenons un but sur une faute de communication et un tir extraordinaire à la suite d'une phase arrêtée. (...) Nous n'avions pas besoin de nous rassurer. Nous sommes dans la continuité de nos matches de championnat mais il faut faire preuve d'efficacité. Nous sommes sur la bonne voie dans la qualité du jeu." Un constat et un optimisme qui ne sont pas partagés par tout le monde.
Actuellement, le navire OL tangue quelque peu. Pour preuve, Jean-Michel Aulas est monté en première ligne dimanche. Comme il le fait souvent dans ces cas là, JMA a accusé les journalistes de chercher la petite bête : "L'intérêt des médias est de faire en sorte qu'il y ait un certain nombre de problèmes entre l'entraîneur et le président, l'entraîneur et les joueurs, l'entraîneur et son encadrement." Le patron rhodanien y va un brin fort et on ne peut pas abonder dans son sens. Partant du principe qu'il n'y a que très rarement de fumée sans feu, il est difficile d'avancer que tout va bien à Lyon ces derniers temps. La semaine dernière en a d'ailleurs donné des preuves tangibles.
Perrin dans ses petits souliers
Mis à part à Metz où la résistance lorraine n'a pas pu grand chose face à l'armada rhodanienne, l'OL n'a jamais été très à l'aise sur le terrain cette semaine. L'écart entre les champions de France et le FC Barcelone, mercredi, a été criant. Au-delà de l'ampleur du score, c'est surtout l'impuissance des Lyonnais qui a lieu d'inquiéter. Ces dernières années, Lyon avait rarement - pour ne pas dire jamais - été aussi indigent en Ligue des Champions. La prestation face au LOSC n'a pas été beaucoup plus réjouissante. En dehors du rectangle vert, il y a eu la fameuse séance vidéo séchée par Juninho. Un acte étonnant de la part du capitaine rhodanien et qui n'a guère ému un Alain Perrin que l'on avait connu plus strict par le passé.
Dimanche soir, le sujet était toujours en vogue dans les coursives de Gerland. JMA a cru bon venir au secours de son entraîneur en assurant qu'Alain Perrin avait réagi au "second degré" et qu'il avait "fait comprendre que la prochaine fois, ça se passerait moins bien, sans avoir à le crier sur tous les toits." Juninho aussi a donné sa version des faits en expliquant qu'il était "encore très énervé" et qu'il n'avait "pas envie de regarder toute la rencontre. J'ai demandé à aller aux toilettes et je ne suis pas revenu." Toute cette histoire prouve au moins une chose : Alain Perrin est actuellement dans ses petits souliers.
Le début de saison n'est pas exactement celui escompté par le staff de l'OL. L'organisation en 4-4-2 voulue par le technicien semble avoir fait long feu et va sans doute définitivement laisser place au 4-3-3 plus habituel de l'OL. Ajoutez à cela que les recrues n'ont pas encore convaincu grand monde et vous comprendrez pourquoi Lyon s'est déjà senti plus serein qu'actuellement. Pour autant, l'heure n'est pas à la panique. Avant de laisser deux points sur sa pelouse face à Lille, Lyon restait sur quatre victoires d'affilée en L1. Partant du principe que ses plus dangereux adversaires présumés sont derrière lui (mis à part Bordeaux), l'Olympique Lyonnais n'a pas beaucoup de soucis à se faire en Championnat de France, son terrain de chasse privilégié. Pour ce qui est de l'Europe, c'est déjà une autre histoire. Mais tout reste permis, à condition de se reprendre. Dans le cas contraire, Jean-Michel Aulas pourra expliquer ce qu'il veut, l'exercice 2007/2008 aura forcément un goût d'inachevé.