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Football Coupe de la Ligue L'AJA au bout du suspense

Football Coupe de la Ligue 

Auxerre au bout du suspense

Grâce à une tête victorieuse de Sammy Traoré, l'AJA vient à bout de Saint-Etienne et se qualifie pour les 8es de finale de la Coupe de la Ligue (1-0, a.p). Le courage de l'ASSE, vite privée de Tavlaridis, blessé, et de Tiéné, exclu en cours de partie, n'a pas suffi.

AUXERRE - SAINT-ETIENNE : 1-0
But : Traoré (99e, a.p)

Le sort est cruel. Parfois selon certains, souvent pour d'autres. Tout dépend évidemment du point de vue duquel on se place pour juger de la chose. Evidemment. Maintenant, il ne sera pas compliqué d'imaginer la pensée profonde du banc stéphanois lors du coup de sifflet final du seizième de finale de Coupe de la Ligue opposant les Verts à l'AJ Auxerre. Un blessé, un penalty oublié, un expulsé, un but peut-être valable mais non accepté par le corps arbitral, ajoutez à cela une pluie diluvienne : en effet, cela fait beaucoup, beaucoup trop d'ailleurs pour une seule équipe.

S'il ne faut rien enlever à la prestation auxerroise, difficile en revanche d'occulter ces divers "coups de pouce du destin". L'AJA a dominé l'ASSE (1-0) mais a dû attendre pour cela les prolongations. Oui, car même touchée, la bête forézienne sait vendre chèrement sa peau. Bredouilles cette saison à l'extérieur, les hommes de Laurent Roussey attaquent pourtant la partie avec la ferme intention de se qualifier. Si la première demi-heure de jeu leur donne tort, le reste de la partie se présente sous de meilleurs auspices pour la bande à Pascal Feindouno. Jean Fernandez, de son banc, le voit bien. Son équipe, si irrésistible ces dernières semaines, peine à ouvrir la marque face à un adversaire emprunté hors de ses bases.

Le joker estival Sammy Traoré et l'ancien Ajaccien Kamel Chafni illustrent à merveille le manque d'efficacité bourguignon. De la tête ou du pied, à chaque fois, le cadre se refuse au groupe icaunais. L'AJA inefficace ? Il n'en faut pas plus pour aiguiser les appétits stéphanois. Et même si, après avoir fait une rencontre peu appréciable avec le genou de Niculae, Stathis Tavlaridis doit quitter les siens le cuir chevelu ensanglanté (29e), c'est bel et bien l'ASSE qui passe la seconde. Gomis et Feindouno, seuls joueurs à remuer le collectif stéphanois, trouvent écho auprès d'Ilan, imprécis cependant au moment de conclure (34e).

Le but en or de Traoré

Auxerre voit le vent tourner. Tamas, facilement dérouté par les arabesques adverses, y va même de sa petite mimine pour repousser une frappe à bout portant du même Ilan (38e). Difficile de siffler penalty sur un geste de pur réflexe... difficile également aurait été l'ouverture du score bourguignonne quelques minutes plus tard, Niculae frôlant insolemment le cadre de Viviani (41e). La partie s'emballe. Et les vagues vertes viennent s'écraser sur les galets auxerrois. Perrin à bout portant (54e), Gomis de peu hors cadre (58e)... L'ASSE est à ce moment de la partie bien au-dessus de son adversaire et son jeu collectif parvient même à déstabiliser le grand Sammy Traoré, véritable porte-bonheur du club icaunais et pourtant à deux doigts de tromper son propre gardien (56e).

Pis, c'est au paroxysme de son temps fort que le sort, cruel comme on vous l'a dit plus haut, décide de frapper Saint-Etienne. Tiéné exclu après avoir récolté un deuxième carton jaune (67e), voilà les hommes de Laurent Roussey à dix contre onze Bourguignons presque KO debout mais presque seulement. Pedretti (84e), Kahlenberg (87e), autant d'inspirations icaunaises propices à animer l'ambiance en tribunes mais pas à satisfaire Jean Fernandez. Trop imprécise devant le but, sa formation tarde à se libérer. La faute à Viviani également, énorme de courage sur sa ligne et qui aura permis à son équipe de "rester en vie" le plus longtemps possible. Mais voilà, quand ça ne veut pas rigoler...

L'ASSE n'y arrivera pas. Auxerre ou plutôt Traoré oui, lui si malheureux sur ses tentatives aériennes est enfin récompensé (99e, 1-0). Derrière, une nouvelle tête à bout portant de Perrin captée de manière litigieuse sur la ligne de but par Sorin entretient la thèse du sort cruel (106e). Malgré une supériorité insolente et un catalogue d'actions franches jusqu'au coup de sifflet final, l'AJA se contentera de ce score étriqué. Un résultat acquis tout de même dans la douleur face à un adversaire vaillant et qui lui évite une séance de tirs au but aléatoire et donc, synonyme probable d'élimination. Question : dans cet exercice, Saint-Etienne aurait été plus chanceux ? Quand le sort s'acharne comme cela, rien n'est moins sûr...

LA DECLA : Laurent Roussey (entraîneur de Saint-Etienne)

"Je vais d'abord féliciter mes garçons parce qu'il me semble qu'ils ont tout donné, qu'ils sont allés au bout d'eux-mêmes. Maintenant je vais attendre de voir les images vidéos pour commenter ce match: le but de Loïc Perrin (sa tête à la 106e minute, ndlr) serait valable paraît-il, l'expulsion de Tiéné est sévère et il y aurait peut-être même un penalty pour nous. Cela fait beaucoup pour un seul match. Avant de porter un jugement définitif je regarderai les images. Je pense qu'on a eu du mal à rentrer dans le match, mais le dernier quart d'heure de la première mi-temps a été tout à l'avantage de Saint-Etienne, comme le retour des vestiaires. L'expulsion est sévère, imméritée, et l'arbitrage a choisi son camps".